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Interview décembre 2002 par François Guillemet :

"Derrière le nom enjoué de Marboss se cache Stéphane Marchal, un artiste sincère et passionné que la technologie n'effraie pas. Au contraire, entre son boulot dans une boite d'informatique et sa rencontre déjà lointaine avec la musique électronique, on peut même dire que le courant passe bien entre lui et ses machines. Rencontre avec cet architecte musical bien de son temps.

'Mon père écoutait pas mal de jazz. Je suppose que ça à contribué à me faire aimer la musique. Plus tard, j'ai pas mal suivi la musique hip-hop, le concept du mix me convenait parfaitement. J'ai même été pendant une courte période breakdancer! Mais je n'aime pas trop le beat et le discours que beaucoup de rappeurs entretiennent m'a toujours semblé trop négatif et surtout pas assez responsable. Cela me déplait d'autant plus que j'ai longtemps habité en Seine St-Denis (dans le 93). Avec le début des années 80, je me suis beaucoup interressé à la new-wave et à l'électro. C'est à cette époque que j'ai découvert Kraftwerk, les pionniers, dont je suis un fan absolu. L'album Oxygene de Jean-Michel Jarre aussi est un classique que j'ai adoré'. Voilà pour les références du monsieur.

La scène électro grandit, gagne en reconnaissance et diversité. L'informatique et les techniques numériques d'enregistrement aussi. Et comme beaucoup d'autres, la matrice technologique prend Stéphane au piège et l'incite à rentrer dans sa course, à participer à son évolution. 'C'est dans le milieu des années 80 que j'ai commencé à composer. J'ai aussi été DJ mais moi ce que j'aime faire, c'est produire des sons. Puis je suis allé en Angleterre pour continuer mes études en informatique en 94 et j'ai pas mal trainé dans les clubs techno. A peu près à cette période, on m'a montré les premiers trackers qui permettaient de sampler avec un PC'. L'artiste trouve alors un outil de travail qui s'accomode le mieux à sa culture d'informaticien. D'autre part, il n'hésite pas à chercher l'inspiration dans ce creuset technologique : 'A un moment je me suis mis à rejouer aux vieux jeux vidéo qui dataient de quand j'étais gosse grâce à un émulateur (logiciel qui permet de faire fonctionner sur un ordinateur des programmes qui ne lui sont pas destinés au départ). Du coup j'ai commencé à sampler plein de sons et de musiques de ces jeux d'autrefois pour les mettre dans mes compos. Finalement, je ne les ai pratiquement pas utilisés, mais ça constitue quand même une influence. D'ailleurs je n'ai pas utilisé de sample sur E-music hormis ceux de mes propres sons. J'ai eu une phase où j'enregistrais les bruits que l'on peut entendre dans le métro quand j'étais à Paris'. De cette phase, on retiendra aussi Musica electronica, un premier album auto-produit qui se fera remarquer par sa diffusion lors de "la journée d'étude sur le mouvement et la culture techno" de la Bibliothèque Nationale de France en 1999.

Finalement, c'est en s'installant à Juan les Pins, vitrine de la côte d'azur aussi bouillante que St-Tropez, que Stéphane Marchal se distingue dans les nombreuses boîtes des environs niçois. Plus électronique que techno, un peu trance sur les bords, en tout cas souvent planant, l'album par la structure même des morceaux se veut une sorte de jeux de pistes : 'Je travaille beaucoup en suivant le concept de plans sonores. J'aime les albums dont on peut découvrir de nouveaux plans, de nouveaux sons au fur et à mesure des différentes écoutes. Suivant les conditions d'écoute, on va pouvoir se laisser porter par telle partie plutôt qu'une autre'. En attendant de trouver un label, Stéphane multiplie les collaborations. On pourra le retrouver bientôt aux commandes du remix de Book of blood, le single des Arts of Erebus, et il devrait prochainement assurer les claviers du groupe Carm.Ziofa."

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